RAM, SSD, disques durs : comment l'intelligence artificielle a fait exploser les prix
Pourquoi les prix de la mémoire explosent
Partie 1 / 5
Il n'y a pas si longtemps, ajouter de la mémoire vive à son PC ou installer un SSD de grande capacité était devenu presque banal. Les prix baissaient régulièrement et les capacités augmentaient. Mais depuis l'automne 2025, cette belle mécanique s'est brutalement inversée. En octobre 2026, certains composants coûtent quatre à six fois plus cher qu'avant la crise. Et le principal responsable de ce bouleversement se trouve dans les gigantesques centres de données consacrés à l'intelligence artificielle.
RAM, SSD, disque dur : de quoi parle-t-on exactement ?
Pour comprendre ce qui se passe, il faut d'abord distinguer trois technologies que l'on retrouve dans nos ordinateurs. La RAM, ou mémoire vive, conserve temporairement les informations utilisées par les programmes. Plus un ordinateur en possède, plus il peut gérer confortablement plusieurs applications ou des tâches gourmandes. Son contenu disparaît lorsque l'alimentation est coupée.
Le SSD, lui, conserve durablement Windows, les logiciels, les jeux et les fichiers. Il utilise des puces de mémoire NAND Flash, différentes de celles de la RAM. Quant au disque dur traditionnel, ou HDD, il stocke les données sur des plateaux magnétiques en rotation. Il reste généralement moins rapide qu'un SSD, mais permet de conserver de grandes quantités de données à moindre coût.
Ces technologies ne sont donc pas identiques, et leurs prix n'évoluent pas forcément au même rythme. Pourtant, elles subissent aujourd'hui une pression commune : l'expansion massive des infrastructures informatiques.
L'intelligence artificielle dévore la mémoire
Entraîner et faire fonctionner les grands modèles d'intelligence artificielle demande une puissance de calcul considérable. Les accélérateurs de NVIDIA, AMD et d'autres fabricants utilisent notamment une mémoire particulière appelée HBM, pour High Bandwidth Memory. Celle-ci permet de transférer d'énormes quantités de données très rapidement entre les puces de mémoire et les processeurs spécialisés.
Mais ces serveurs ne fonctionnent pas uniquement avec de la HBM. Ils ont aussi besoin de mémoire DDR5 en grandes quantités, de SSD performants pour accéder rapidement aux données et de disques durs pour conserver les informations moins fréquemment utilisées.
L'explosion des besoins ne concerne d'ailleurs plus seulement l'entraînement des modèles. Chaque conversation avec une IA, chaque document analysé et chaque application automatisée mobilisent des ressources informatiques. Ce fonctionnement quotidien, appelé inférence, représente désormais un moteur important de la demande de mémoire et de stockage.
Le marché des serveurs donne une idée de l'ampleur du phénomène. Selon IDC, les dépenses mondiales consacrées aux serveurs ont atteint 166,3 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 52 % sur un an. Le nombre de machines livrées n'a pourtant progressé que de 15,4 %. Les entreprises achètent donc notamment des systèmes bien plus coûteux et richement équipés.
Les fabricants préfèrent servir les centres de données
Le marché mondial de la mémoire DRAM est largement dominé par trois entreprises : Samsung Electronics, SK hynix et Micron. Ces fabricants disposent d'usines extrêmement complexes, dont les capacités de production ne peuvent pas être augmentées du jour au lendemain.
Face aux commandes des géants du cloud, ils ont choisi de consacrer davantage de leurs ressources industrielles aux produits destinés aux serveurs, notamment la HBM et les barrettes DDR5 de grande capacité. La fabrication de HBM mobilise des ressources de production de DRAM et des opérations d'assemblage particulièrement exigeantes. Ces ressources ne sont donc plus entièrement disponibles pour les mémoires classiques.
Pour la NAND Flash, utilisée dans les SSD, la situation est différente : les fabricants réorientent principalement leur offre vers les produits de stockage professionnels, plus rémunérateurs. Il ne s'agit pas simplement de transformer une usine de SSD en usine de RAM, puisque les procédés de fabrication sont distincts.
Résultat : les fabricants de PC, de smartphones et de composants grand public doivent se partager une offre moins abondante, tandis que les grands opérateurs de centres de données sécurisent leurs approvisionnements grâce à des contrats pluriannuels.
Un marché déjà fragilisé
L'IA n'explique cependant pas toute l'histoire. Après une période de surproduction et de prix très bas en 2023 et 2024, les fabricants de mémoire avaient limité certaines dépenses et ajusté leurs capacités. La demande liée aux centres de données a ensuite fortement accéléré, alors que les nouvelles installations industrielles n'étaient pas encore prêtes.
À cela s'ajoutent les arrêts progressifs de certaines anciennes générations de mémoire, les coûts de fabrication et les stratégies commerciales des producteurs. La hausse spectaculaire des prix résulte donc d'un déséquilibre entre l'offre et la demande, amplifié par des décisions industrielles prises plusieurs années auparavant.
Et ce déséquilibre est désormais visible jusque dans les magasins. La crise ne se limite plus aux serveurs d'intelligence artificielle : elle touche directement les composants que nous achetons pour nos ordinateurs.
RAM, SSD, disques durs : la facture devient salée
Partie 2 / 5On comprend maintenant pourquoi les industriels se disputent les puces de mémoire. Mais concrètement, que représente cette crise pour celui qui souhaite monter un PC, remplacer son SSD ou agrandir le stockage de son NAS ? Les chiffres relevés en Europe sont particulièrement impressionnants.
La DDR5 : de 75 à 447 euros pour un kit de 32 Go
Le site allemand 3DCenter suit régulièrement les prix de différents composants informatiques à partir des offres disponibles sur le comparateur Geizhals. Son relevé du 17 octobre 2026 permet de comparer les tarifs avec ceux de juillet 2025, avant la principale flambée.
À l'époque, un kit de 32 Go de DDR5 composé de deux barrettes de 16 Go, à 6000 MT/s, pouvait se trouver à partir de 75 euros. En octobre 2026, la configuration équivalente débute à 447 euros ! Les prix relevés sont ceux des offres disponibles les moins chères pour une catégorie technique donnée, et non ceux d'un modèle précis resté inchangé.
Sur l'ensemble des vingt catégories de DDR5 étudiées, 3DCenter mesure une augmentation moyenne de 459 % depuis juillet 2025. Cela correspond à un niveau de prix environ 5,6 fois supérieur. Et même si la hausse mensuelle a ralenti à 2,7 % entre septembre et octobre, les tarifs ont encore établi un nouveau record.
La DDR4 n'est pas épargnée. Les huit catégories de mémoire DDR4 étudiées affichent une hausse moyenne de 288 % sur la même période. La disparition progressive de certaines lignes de production et le report de la demande vers les anciennes générations participent à cette situation. Posséder un ancien PC ne protège donc pas nécessairement de l'inflation !

Les SSD deviennent eux aussi des produits coûteux
Pour les SSD, l'évolution est un peu moins extrême, mais reste considérable. Toujours selon 3DCenter, les SSD internes coûtent en moyenne 147 % de plus qu'en juillet 2025, sur son échantillon de catégories comparables.
Un SSD M.2 PCIe 4.0 de 2 To sans mémoire DRAM dédiée, proposé à partir de 98 euros en juillet 2025, atteint désormais 230 euros. En fonction des capacités et des caractéristiques, certaines références ont davantage augmenté que d'autres. Les modèles de très grande capacité sont particulièrement coûteux.
Cette augmentation est directement liée à la NAND Flash, dont les fabricants privilégient une part croissante de leur production pour les SSD destinés aux entreprises. Ces derniers équipent notamment les centres de données nécessitant des accès rapides à de grandes quantités d'informations.
TrendForce estimait fin septembre que les prix contractuels de la NAND Flash progresseraient encore de 15 à 20 % au quatrième trimestre 2026. Attention : il s'agit d'une prévision de prix entre industriels, pas d'une augmentation automatique de 20 % sur le SSD vendu dans votre magasin.
Même les bons vieux disques durs sont concernés
On pourrait penser que les disques durs mécaniques échappent à cette crise puisqu'ils n'utilisent pas la mémoire NAND Flash pour stocker les fichiers. Pourtant, leurs prix ont eux aussi fortement augmenté.
Dans le relevé allemand, un disque dur interne de 8 To disponible à partir de 126 euros en juillet 2025 coûte désormais 283 euros. L'indice moyen des disques durs internes étudiés affiche une hausse de 158 % depuis cette période.
La raison est différente de celle des barrettes de RAM. Les centres de données continuent d'acheter énormément de disques durs pour conserver des volumes gigantesques de données à un coût relativement faible. Or la fabrication de modèles professionnels de grande capacité demande des investissements importants et une transition vers de nouvelles technologies d'enregistrement.
Le fabricant Seagate a ainsi vu son chiffre d'affaires annuel progresser de 34 % sur son exercice 2026, porté notamment par la demande des centres de données. Western Digital a de son côté annoncé une croissance de 44 % de son chiffre d'affaires au quatrième trimestre de son exercice 2026.
Ces bons résultats financiers ne constituent pas, à eux seuls, une preuve de hausse des prix pour tous les modèles. Ils confirment cependant la vigueur de la demande professionnelle, tandis que les relevés de magasins montrent que les particuliers paient eux aussi davantage.

Les cartes graphiques aussi passent à la caisse !
Les joueurs PC ne sont pas épargnés par cette flambée. Si les cartes graphiques utilisent une mémoire différente de celle des barrettes installées sur nos cartes mères, elles dépendent elles aussi des grands fabricants de DRAM. Les GeForce et Radeon modernes embarquent notamment de la GDDR6 ou de la GDDR7, des mémoires spécialement conçues pour offrir des débits élevés.
Or, selon TrendForce, les producteurs réduisent progressivement leurs capacités consacrées à la GDDR6, tandis que la fabrication de GDDR7 reste limitée. Une partie des ressources industrielles est privilégiée pour les mémoires destinées aux serveurs et aux applications d'intelligence artificielle. Résultat : les prix de la mémoire graphique augmentent également, ce qui renchérit la fabrication des cartes.
Les conséquences sont déjà visibles dans les magasins européens. Les relevés de Tweakers montrent une augmentation des tarifs de nombreuses GeForce et Radeon depuis le début de l'année 2026, particulièrement sur le haut de gamme. En France, Cowcotland signalait même, le 17 octobre, une RTX 5090 affichée à 6 499,90 euros dans son suivi hebdomadaire ! Un montant spectaculaire, qui correspond toutefois à une offre précise et non au prix de toutes les RTX 5090.
Attention cependant : la mémoire n'explique pas à elle seule ces augmentations. Le coût des processeurs graphiques, les stocks disponibles, la demande pour certains modèles et les marges commerciales interviennent également. Il serait donc trompeur d'attribuer l'intégralité de la hausse des cartes graphiques à l'intelligence artificielle.
Ordinateurs et smartphones : la hausse se répercute
La crise ne touche pas uniquement ceux qui assemblent eux-mêmes leurs ordinateurs. Les fabricants de PC portables et de smartphones doivent également acheter de la RAM et des puces de stockage, parfois à des prix beaucoup plus élevés qu'auparavant.
Selon Counterpoint Research, la seule hausse du prix des composants mémoire pouvait entraîner, au premier trimestre 2026, une augmentation de 25 % du coût total des composants d'un smartphone d'entrée de gamme représentatif, à caractéristiques inchangées.
De son côté, Gartner prévoyait en février une augmentation moyenne de 17 % des prix des PC et de 13 % de ceux des smartphones en 2026. Ce sont des projections mondiales, et non des augmentations déjà constatées sur chaque modèle commercialisé en France ou en Belgique.
Pour préserver leurs marges, certains constructeurs peuvent aussi réduire les capacités proposées ou limiter les améliorations entre deux générations. Les acheteurs risquent alors de payer davantage, sans nécessairement obtenir un appareil mieux équipé.
Au final, l'impact dépasse largement le prix des barrettes de mémoire : c'est toute la chaîne de l'informatique grand public qui se retrouve sous pression.
Quand les prix vont-ils redescendre ?
Partie 3 / 5Après une telle flambée, une question revient forcément : faut-il acheter son matériel maintenant ou attendre une baisse ? Malheureusement, personne ne peut donner de date certaine. Les analystes et les fabricants s'accordent sur un marché encore très tendu, mais plusieurs facteurs pourraient faire évoluer la situation.
Pourquoi ne suffit-il pas de fabriquer davantage de puces ?
Construire une usine de semi-conducteurs ne consiste pas simplement à installer quelques machines supplémentaires. Il faut des bâtiments adaptés, des salles blanches, des équipements extrêmement précis et des mois de mise au point avant d'obtenir une production suffisante et fiable.
Les fabricants investissent actuellement pour augmenter leurs capacités, mais une partie de ces projets ne contribuera réellement à l'approvisionnement que dans plusieurs années. SK hynix prévoit notamment de nouvelles capacités industrielles à partir de 2027, tandis que Samsung et Micron poursuivent leurs propres investissements.
Et les industriels ont une autre raison de rester prudents : ils connaissent bien les cycles du marché de la mémoire. Une période de pénurie et de prix élevés peut être suivie d'une surproduction qui fait brutalement chuter les tarifs. C'est précisément ce qui s'était produit lors des années précédant la crise actuelle.
Investir des milliards pour produire davantage de puces n'est donc pas sans risque si la demande des centres de données finit par ralentir.
2027 risque de rester compliqué
Fin septembre 2026, TrendForce prévoyait encore une augmentation des prix contractuels de 10 à 15 % pour la DRAM classique au quatrième trimestre, et de 15 à 20 % pour la NAND Flash. Les SSD professionnels demeuraient particulièrement recherchés, notamment pour les applications d'intelligence artificielle.
IDC estime de son côté qu'aucune amélioration importante de la disponibilité de la mémoire ne devrait intervenir avant la fin de 2027. Ses projections publiées en juin anticipaient une baisse de 11,3 % des livraisons mondiales de PC en 2026, avec une augmentation moyenne de leurs prix de vente de 18,3 %.
Ces prévisions ne constituent évidemment pas des certitudes. Une baisse des investissements dans l'IA, une amélioration des rendements de fabrication ou une demande plus faible que prévu pourraient détendre les prix plus rapidement. À l'inverse, de nouvelles commandes massives pourraient prolonger les difficultés.
Il faut également distinguer les prix payés par les industriels des prix en magasin. Entre les contrats d'approvisionnement, les stocks des grossistes, les marges et les promotions, les évolutions ne se transmettent pas toujours immédiatement aux consommateurs.
Les fabricants profitent-ils de la situation ?
Une chose est certaine : les principaux producteurs de mémoire réalisent actuellement d'excellents résultats financiers. Micron a annoncé 133,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour son exercice fiscal 2026, contre 37,4 milliards l'année précédente. Samsung et SK hynix ont également publié des résultats records dans leurs activités liées à la mémoire.
La situation leur donne davantage de pouvoir dans les négociations commerciales. Lorsque les acheteurs ont besoin de composants rares et que les stocks sont faibles, ils sont davantage disposés à accepter des prix élevés ou à signer des contrats de longue durée pour garantir leurs livraisons.
Cela ne permet pas d'affirmer que tous les fabricants organisent volontairement une pénurie. Les besoins industriels sont réels et les contraintes de production sont documentées. Mais la réorientation vers les produits les plus rentables participe bien à la raréfaction de certaines références destinées au grand public.
Acheter maintenant ou attendre ? Le mot de la fin
Partie 4 / 5
Après avoir décortiqué les causes de la flambée des prix, examiné les chiffres et tenté d'anticiper les prochains mois, il reste une question essentielle : que faire lorsqu'on souhaite acheter ou améliorer son ordinateur ? Faut-il se précipiter avant une nouvelle augmentation ou attendre que les tarifs deviennent enfin raisonnables ?
Ne pas acheter simplement par peur d'une hausse
La première chose à retenir est qu'un composant qui devient plus cher n'est pas nécessairement un composant qu'il faut acheter immédiatement. Si votre ordinateur fonctionne correctement et répond à vos besoins, il n'y a aucune urgence à remplacer sa mémoire ou son stockage.
À l'inverse, si votre PC manque réellement de RAM, que votre SSD arrive à saturation ou que votre disque dur montre des signes de défaillance, attendre plusieurs mois une hypothétique baisse des prix n'est pas forcément judicieux. Une panne ou un ordinateur devenu inutilisable peut coûter davantage que l'économie espérée.
Le bon réflexe consiste donc à partir de ses besoins réels, plutôt que des prévisions du marché.
Quelle quantité de mémoire choisir aujourd'hui ?
Pour un ordinateur principalement utilisé pour Internet, la bureautique et les tâches quotidiennes, 16 Go de RAM restent généralement suffisants. Pour jouer à des titres récents, réaliser des montages vidéo ou utiliser plusieurs logiciels exigeants, 32 Go peuvent apporter davantage de confort. Les capacités supérieures répondent surtout à des besoins plus spécifiques.
Mais inutile d'investir dans 64 ou 96 Go simplement parce que l'on craint que les prix augmentent encore ! De la mémoire inutilisée n'améliore pas automatiquement les performances de l'ordinateur.
Avant tout achat, il faut également vérifier la compatibilité avec sa carte mère ou son ordinateur portable. DDR4 et DDR5 ne sont pas interchangeables, et certains PC disposent d'une mémoire directement soudée, impossible à remplacer.
SSD ou disque dur : chacun conserve son intérêt
Malgré les augmentations, le SSD reste un excellent choix pour installer Windows, les programmes et les jeux. Sa réactivité apporte un confort difficile à retrouver sur un disque dur mécanique.
Pour stocker de grandes quantités de photos, de vidéos ou des sauvegardes, le disque dur traditionnel conserve néanmoins des arguments. À capacité comparable, il peut rester plus économique, particulièrement sur les gros volumes. Il faut toutefois comparer les prix au téraoctet, car les écarts ont beaucoup évolué.
Autre conseil : ne sacrifiez jamais la sécurité de vos données pour économiser quelques euros. Un disque vieillissant qui présente des signes de défaillance doit être remplacé sans attendre. Et quelle que soit la technologie choisie, il reste indispensable de posséder plusieurs copies de ses fichiers importants, idéalement sur des supports ou dans des lieux différents.
Le retour des bonnes affaires est-il garanti ?
Non, et c'est probablement la réponse la moins agréable de ce dossier. Le marché de la mémoire fonctionne par cycles, avec des périodes de pénurie et de surproduction. Les prix peuvent donc redescendre, parfois rapidement, mais personne ne peut annoncer avec certitude quand cela se produira ni jusqu'à quel niveau.
Une chose mérite également d'être soulignée : un ralentissement de la hausse n'est pas une baisse ! Si un composant a déjà triplé de prix, une augmentation limitée à quelques pour cent reste une mauvaise nouvelle pour le consommateur.
Les nouvelles usines et les investissements annoncés par les fabricants pourraient progressivement améliorer la disponibilité. Mais leurs effets ne seront pas immédiats, et les centres de données continueront de concurrencer les autres acheteurs tant que leurs besoins resteront élevés.
Le mot de la fin
Cette crise illustre un changement profond de l'industrie informatique. Pendant des années, les particuliers ont profité de capacités toujours plus importantes à des prix généralement plus accessibles. Aujourd'hui, les investissements massifs dans l'intelligence artificielle bouleversent cet équilibre.
Les fabricants privilégient les marchés les plus rémunérateurs, les centres de données absorbent une part considérable de la production et les acheteurs ordinaires en subissent les conséquences. Pourtant, l'IA n'est pas seule responsable : les choix industriels, les cycles de production et les contraintes techniques participent également à la situation.
Il serait donc aussi simpliste d'accuser l'intelligence artificielle de toutes les augmentations que de prétendre qu'elle n'y est pour rien. Les données montrent qu'elle joue un rôle majeur, mais différent selon qu'il s'agit de RAM, de SSD ou de disques durs.
Chez Info-Mods, nous continuerons de suivre l'évolution des prix et des capacités de production. Car si cette crise doit nous apprendre quelque chose, c'est qu'il vaut mieux acheter du matériel adapté à ses besoins que courir systématiquement après les dernières nouveautés.
Et espérons qu'un jour, ajouter 32 Go de RAM à son PC redeviendra une simple petite amélioration, plutôt qu'une décision nécessitant de consulter son banquier !
Les sources
Partie 5 / 5Sources :
3DCenter – Indice des prix de la mémoire, octobre 2026
Galaxus – Évolution des prix de la RAM, des SSD et des disques durs
TrendForce – Évolution du marché DRAM au premier trimestre 2026
TrendForce – Prévisions des prix DRAM et NAND au deuxième trimestre 2026
TrendForce – Perspectives du marché de la mémoire au troisième trimestre 2026
TrendForce – Prévisions des prix DRAM et NAND au quatrième trimestre 2026
TrendForce – Demande de disques durs et de stockage professionnel
TrendForce – Évolution de la production des anciennes générations de mémoire
TrendForce – Dépenses en mémoire des centres de données
Micron – Résultats financiers du quatrième trimestre et de l'exercice 2026
SK hynix – Résultats financiers du deuxième trimestre 2026
Samsung Electronics – Résultats financiers du deuxième trimestre 2026
Seagate – Résultats financiers du quatrième trimestre et de l'exercice 2026
Western Digital – Résultats financiers de l'exercice 2026
IDC – Analyse de la pénurie mondiale de mémoire et de ses conséquences
IDC – Prévisions du marché mondial des ordinateurs
IDC – Statistiques du marché mondial des serveurs
Gartner – Conséquences de la hausse des prix de la mémoire sur les PC et smartphones
Counterpoint Research – Impact de la hausse de la mémoire sur le coût des smartphones
Counterpoint Research – Évolution du coût des composants électroniques
Omdia – Analyse du marché mondial de la DRAM, juillet 2026
TrendForce – Hausse des prix de la mémoire graphique GDDR6 et GDDR7
Tweakers – Analyse de la hausse des prix des cartes graphiques en 2026
Cowcotland – Relevé des prix des cartes graphiques du 17 octobre 2026