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Test & dossier

Postal 2

19/05/2003 Par Ante Article n° 26 Dossier en 2 parties

Le test

Partie 1 / 2

Cher père Noël, cette année j’aurais bien voulu avoir la nouvelle Maison de Barbie®, celle où il y a une piscine comme dans le Loft®. Si tu pouvais également glisser dans ton colis la poupée de Ken® l’Indien, tu ferais de moi la petite fille la plus heureuse de la terre, je t’embrasse bien fort dans ta barbe blanche, Cindy.

[…]

Chères cloches de Pâques, le père Noël n’est qu’un gras double pervers. A la place des mes poupées Barbie®, il m’a envoyé par colis postal, avec 3 semaines de retard, un jeu qui s’appelle Postal 2 et qui me donne pleins de cauchemars. En plus, j’ai incendié Médor le chien comme le jeu me l’indique. Je suis actuellement en pension, et j’aimerais cette fois ci que vous m’offriez une poupée Ken Laden avec sa kalachnikov noire. Merci à vous les cloches ! Cindy.

Ils ont pourtant prévenu...


Ces lettres me sont parvenues via un email des parents de la petite Cindy. A dix ans, cette petite est accusée d’homicide volontaire sur plus de trois personnes et a causé deux incendies criminels. Tout ça, parce qu’elle voulait faire comme son héro…

Alors je vous le donne en mille, Postal 2 est un jeu à acheter en pleine possession de ses moyens, autant psychiques que physiques. Son contenu est effectivement très peu moral ! Nous conseillons donc un public adulte pour ce jeu, parce que si vous avez trouvé GTA 3 trop violent pour vos jolies têtes blondes, Postal 2 est encore 4 crans au dessus.

Cette parenthèse nécessaire fermée, je vais essayer de m’attaquer au jeu proprement dit. Postal 2 est un FPS des plus classiques, mais avec une violence et une immoralité poussée à son paroxysme. Notre héro débute chez lui, dans sa magnifique caravane de 10 mètres de long. L’action du jeu se situe à Paradise City, le bled sûrement le plus républicain des Etats-Unis. En effet, tous les habitants se baladent avec leur calibre sur eux, et les pitbulls s’y promènent librement. Tout ce beau monde ferait une belle carte postale pour Charlton Heston, le grand défenseur de la cause humaniste.

ma belle villa ainsi qu'un plan du bled

Après une petite cinématique qui utilise le moteur du jeu, nous Arecevons notre première mission : aller chercher du lait ! Sous des apparences trompeuses, ce cache en effet le premier bain de sang du jeu. Car même si les développeurs du jeu affirment qu’on peut passer les missions du jeu sans dégainer son arme, les habitants de cette magnifique bourgade sont des susceptibles de la gâchette. Bref, je regarde ma carte, et je dois déjà me diriger tout au dessus de celle-ci. Je me dis en moi-même que ce ne sera pas difficile, la ville n’étant pas grande. Et bien j’étais dans l’erreur, je me suis mangé deux temps de chargements dans les dents. Et quand je dis temps, je devrais plutôt parler d’éternité. Et j’arrive déjà au premier gros point noir du jeu, ces fameux temps de chargements. La ville est découpée en petites (trop petites) zones, et comme on doit beaucoup bouger, ça rend l’action assez pénible et longue. L’impression de liberté n’existe alors plus du tout, et ceux qui pensaient pouvoir flinguer et se balader comme dans un GTA 3 seront déçus !

Les développeurs annoncent même les moments chiants!

Le joueur peut effectuer une série d’action qui n’apparaissent pas souvent dans les FPS, comme uriner sur ce que l’on veut, ou alors empaler des animaux sur son arme en guise de silencieux (on avait déjà vu les rudiments de ce principe barbare dans l’antique Redneck Rampage). Bref des actions qui n’ont pas une grande utilité dans le gameplay et qui assomment Ale joueur d’une violence gratuite. En concerne l’intelligence artificielle, j’avoue avoir été assez déçu. Les PNJ sont assez dures à (a)battre et parfois réagissent de manière complètement anormale, comme lorsque j’ai été interpellé par deux flics et que j’en ai décapité un à coup de pelle, l’autre n’a pas bougé d’un iota. De même, la liberté annoncée est encore plus amputée par l’insertion de trop nombreuses actions scriptées. J’ai pour exemple la première mission. Je dois me rendre à la banque, et à l’entrée de celle-ci un groupe de manifestants. Evidement, c’est quand je suis à l’intérieur de la banque et que j’ai encaissé mon cheque que ce groupe de hippies se révèle être des méchants braqueurs de banques qui flinguent tout sur leur passage. Pan je suis mort, je charge ma sauvegarde et hop, je préfère les liquider avant d’entrer dans la banque, comme ça plus de blague. Quand j’ai fini mon ouvrage, j’entre dans la banque, et le script se lance, avec les gangsters censés être morts qui attaquent comme par magie la banque. Bref, ce genre de scène nous montre la linéarité du jeu, sous des apparences de fausse liberté. Le jeu ne comporte pas non plus de partie multijoueur.

Les méchants pacifistes...avant et après

Le test [suite et fin...]

Partie 2 / 2

Le moteur utilisé pour faire tourner le jeu et celui d’Unreal, mais les graphismes donnent un résultat tout de même un cran en dessous de titres comme Unreal Tournament 2003 ou d’Unreal 2. Le problème se situe surtout au niveau des textures. Elles paraissent moins précises et avec des couleurs plus ternes. L’animation des personnages est quant à elle plutôt réussie grâce au Motion Capture, mais il n’y a rien d’exceptionnel non plus. La partie son est très discrète, mais rempli son rôle comme il faut. Pour ce qui est de la machine nécessaire à faire tourner le jeu, les exigences matérielles sont identiques à Unreal Tournament 2003 (Athlon ou Pentium 4 et GeForce 3).

Paradise City, le lieu de toutes les rencontres

Pour finir ce rapide test, je dirais que ce jeu est un défouloir occasionnel. Il n’est pas dénué de qualités, mais est plombé par des gros déAfauts comme ses temps de chargement trop longs et ses scripts qui enlèvent toute notion de liberté, qui aurait pu être un plus indéniable au jeu. Mais la violence gratuite du jeu, qui dépasse celle de certains titres déjà qualifiés comme étant violents, l’éloignera d’une grande partie du public. En fait, c’est typiquement le genre de jeu que l’on oublie après une bonne bière et un épisode de Nice People, dommage…

Point(s) positif(s)
Point(s) négatif(s)
  • un Redneck Rampage moderne
  • l'animation des personnages
  • les temps de chargements
  • les scripts et la linéarité du jeu
  • la violence à outrance
  • les textures très moyennes