Apple dévoile ses MacBook Pro OLED tactiles, dès 3 299 €
Pour une fois, la nouveauté la plus importante d'un MacBook Pro ne se trouve pas à l'intérieur de l'ordinateur, mais juste devant nos yeux. Apple vient de présenter ses premiers MacBook Pro équipés d'un écran OLED tactile, mettant fin à des années de résistance face à cette technologie pourtant largement répandue sur les PC Windows. Et le constructeur ne s'est pas contenté de changer la dalle : nouveau design, Dynamic Island, poids en baisse et même retour d'une vieille connaissance sont au programme.
Et cette annonce arrive à peine 24 heures après la présentation des nouveaux MacBook Pro M6 et iMac M6. Hier, Apple se concentrait sur les performances. Aujourd'hui, le constructeur revoit presque entièrement sa copie avec un écran OLED tactile, un nouveau design et une Dynamic Island. Particularité assez étonnante : ces modèles plus coûteux conservent les puces M5 Pro et M5 Max, tandis que le MacBook Pro classique profite déjà de la M6.
Un écran OLED que l'on peut enfin toucher
Le changement majeur s'appelle PROLED XDR. Derrière ce nom commercial, Apple utilise une dalle OLED en tandem, constituée de deux couches de pixels capables de produire leur propre lumière. Contrairement aux écrans LCD traditionnels, qui nécessitent un rétroéclairage, chaque pixel OLED peut s'éteindre complètement. Résultat : des noirs réellement noirs et des contrastes beaucoup plus marqués.
Apple annonce une luminosité maximale de 2 000 nits, aussi bien pour les contenus HDR que SDR, et un contraste pouvant atteindre 10 000 000:1. Pour ceux que ces chiffres laissent perplexes, retenez surtout que l'écran devrait afficher des images très lumineuses tout en conservant beaucoup de détails dans les zones sombres. La fréquence d'affichage varie également entre 10 et 120 Hz pour rendre les animations plus fluides.
Les photographes apprécieront également la prise en charge des espaces colorimétriques P3 et Adobe RGB. Ce dernier est particulièrement intéressant pour la retouche de photographies destinées à l'impression, puisqu'il couvre notamment davantage de nuances de vert et de cyan. Encore faudra-t-il vérifier la fidélité réelle de l'écran lors des premiers tests indépendants.
Mais la véritable petite révolution se trouve dans la partie tactile. On peut désormais faire défiler une page avec le doigt, agrandir une photo en pinçant l'écran ou déplacer directement des éléments. Apple a adapté macOS pour ces nouveaux gestes, tout en conservant évidemment le clavier et le trackpad.
Les applications existantes pourront déjà interpréter de nombreux touchers comme des clics classiques. D'autres, comme Lightroom, DaVinci Resolve ou Blender, bénéficieront progressivement d'interactions plus spécifiques. Apple a également renforcé la charnière pour éviter que l'écran ne bouge à chaque pression.
La Dynamic Island débarque, et la pomme s'illumine
La célèbre encoche située en haut des écrans MacBook Pro disparaît au profit de la Dynamic Island, déjà connue des utilisateurs d'iPhone. Cette petite zone noire accueille notamment les notifications, les activités en cours, les commandes musicales et certaines fonctions de recherche. Siri AI y trouvera également sa place, selon les fonctionnalités disponibles dans macOS.
Autre surprise, plus nostalgique : le logo Apple au dos de l'écran redevient lumineux. Une particularité abandonnée depuis des années qui devrait faire sourire les anciens propriétaires de MacBook. Ce n'est évidemment pas ce qui rendra l'ordinateur plus rapide, mais avouons que le détail a son charme !
Les deux modèles perdent aussi quelques grammes. Le 14 pouces descend à environ 1,4 kg, tandis que le 16 pouces passe à 1,8 kg. Apple annonce jusqu'à 24 heures d'autonomie, une valeur qu'il faudra naturellement confronter à une utilisation réelle.
Du M5 plutôt que du M6, un choix étonnant
C'est probablement le détail qui fera discuter. Alors que le MacBook Pro présenté mardi profite de la toute nouvelle puce M6, les modèles OLED tactiles conservent les M5 Pro et M5 Max, déjà disponibles depuis plusieurs mois.
Ces processeurs restent extrêmement puissants et s'adressent notamment aux professionnels de la vidéo, de la photographie, de la programmation ou de la création 3D. La configuration peut grimper jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée et 16 To de stockage SSD. Autant dire qu'il y a de quoi voir venir, même avec de très gros projets !
La connectique reste généreuse avec trois ports Thunderbolt 5, une sortie HDMI, un lecteur de carte SDXC, une prise casque et le connecteur de recharge MagSafe. Le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 6 sont également présents.
Mais à ces niveaux de prix, certains acheteurs pourraient hésiter entre un écran plus moderne et une génération de processeur plus récente. Tout dépendra des usages. Pour un photographe ou un vidéaste travaillant quotidiennement sur ses images, la nouvelle dalle pourrait représenter un argument sérieux. Pour quelqu'un qui recherche avant tout la puissance brute, le choix sera peut-être moins évident.
À partir de 3 299 €, le tactile se paie cher
Apple a ouvert les précommandes ce mercredi 28 octobre, pour une commercialisation prévue le 6 novembre 2026. En France, il faudra débourser au minimum 3 299 € pour le MacBook Pro OLED 14 pouces avec M5 Pro, contre 3 899 € pour le modèle 16 pouces.
Les versions équipées de la puce M5 Max font encore grimper la facture : 5 199 € pour le 14 pouces et 5 599 € pour le 16 pouces. Et nous parlons bien des configurations de départ, avant d'ajouter davantage de mémoire ou de stockage.
Les MacBook Pro avec écran Mini-LED restent également proposés, ce qui laisse aux acheteurs la possibilité de privilégier un tarif plus accessible. Car si l'OLED et le tactile constituent une évolution importante pour Apple, leur intérêt dépendra avant tout des habitudes de chacun.
D'ailleurs, le tactile sur un ordinateur portable divise depuis longtemps. Certains trouvent très pratique de pouvoir zoomer directement sur une photo ou manipuler des objets à l'écran. D'autres préfèrent garder les mains sur le clavier et le trackpad, sans transformer leur écran en collection d'empreintes digitales. Apple arrive donc sur un terrain que ses concurrents explorent depuis des années, mais avec une proposition particulièrement coûteuse.
Une chose est certaine : après avoir longtemps expliqué qu'un Mac n'avait pas besoin d'écran tactile, Apple vient de changer son fusil d'épaule. Reste maintenant à voir si cette évolution modifiera réellement notre manière d'utiliser un ordinateur, ou si elle restera surtout un argument supplémentaire sur la fiche technique.
Les caractéristiques complètes sont disponibles dans le communiqué officiel d'Apple.