GlobalFoundries : 1,1 milliard d'euros pour les puces européennes !
L'Europe continue de renforcer son industrie des semi-conducteurs. À Dresde, en Allemagne, GlobalFoundries vient de franchir une nouvelle étape dans l'agrandissement de son usine de fabrication de puces électroniques. Baptisé SPRINT, ce projet représente un investissement de 1,1 milliard d'euros, dont 495 millions d'euros d'aides publiques dans le cadre du European Chips Act.
Le chantier a atteint une étape importante le 9 octobre, avec l'achèvement de la structure principale de l'extension. GlobalFoundries prévoit de porter sa capacité annuelle de production à plus d'un million de wafers de 300 mm d'ici fin 2028, contre un maximum actuel d'environ 950 000. Ces grandes galettes de silicium servent à fabriquer les circuits électroniques que l'on retrouve ensuite dans une multitude d'appareils.
Mais le constructeur américain ne compte pas simplement fabriquer davantage de puces. Il a également dévoilé FDX Fusion, une future technologie de production basée sur le FD-SOI, destinée notamment aux voitures intelligentes, aux robots et aux équipements industriels utilisant l'intelligence artificielle. Son objectif est de réunir calcul, capteurs, communications et faible consommation énergétique au sein de circuits particulièrement intégrés.
GlobalFoundries évoque des performances numériques comparables à celles d'une technologie de classe 7 nm. Attention cependant : cela ne signifie pas que l'entreprise va produire à Dresde des processeurs gravés en 7 nm comme ceux des fondeurs les plus avancés. Il s'agit d'une comparaison de performances pour cette nouvelle plateforme FD-SOI, dont la fabrication doit commencer en 2028.
L'enjeu dépasse largement la seule puissance des puces. Avec environ 3 000 employés sur son site de Dresde, GlobalFoundries souhaite proposer davantage de composants fabriqués localement pour l'automobile, l'aéronautique, l'industrie et les infrastructures critiques. Pour certains clients sensibles, l'entreprise prévoit même des processus de fabrication et des flux de données restant entièrement en Europe.
Cette extension renforce encore la place de la Saxe dans l'industrie électronique mondiale. La région accueille déjà Infineon et attire également TSMC, participant au développement du pôle technologique surnommé Silicon Saxony. L'Europe reste dépendante de nombreux fournisseurs étrangers, mais ces investissements doivent lui permettre de sécuriser une part plus importante de ses approvisionnements en composants stratégiques.