Les devoirs faits avec ChatGPT ou Gemini, voilà un sujet qui fait déjà grincer quelques dents dans les écoles ! Entre les élèves qui utilisent l'intelligence artificielle pour mieux comprendre leurs cours et ceux qui lui demandent simplement de faire le travail à leur place, la frontière est parfois bien mince. Google pense avoir trouvé une solution : plutôt que de donner directement les réponses, son IA va désormais accompagner les élèves étape par étape. Une nouveauté disponible dans Google Classroom à l'échelle mondiale depuis le 3 novembre 2026. Mais une autre décision du géant américain risque de faire beaucoup moins plaisir aux enseignants : refuser complètement l'IA pourrait aussi signifier renoncer à Google Search sur les comptes scolaires.
Une intelligence artificielle qui ne fait pas les devoirs à votre place
La nouveauté s'appelle Guided Learning, ou apprentissage guidé. Déjà présent dans Gemini, cet outil débarque maintenant dans Google Classroom, la plateforme utilisée par de nombreux établissements pour distribuer les devoirs, organiser les cours et communiquer avec les élèves.
Son fonctionnement diffère d'une conversation classique avec une intelligence artificielle. Lorsqu'un élève pose une question, l'assistant ne lui donne pas nécessairement la solution toute faite. Il lui propose plutôt des explications progressives, des questions intermédiaires et des exercices pour l'aider à comprendre le raisonnement.
Imaginons un élève bloqué devant une équation. Au lieu d'afficher immédiatement le résultat, Guided Learning peut l'inviter à identifier les données du problème, à choisir une méthode puis à vérifier chaque étape de son calcul.
L'objectif est simple : utiliser l'intelligence artificielle comme un professeur particulier, et non comme une machine à recopier des réponses.
La grande différence avec Gemini utilisé librement à la maison, c'est que les enseignants pourront préparer des activités directement dans Google Classroom. L'IA s'appuiera sur les documents et les consignes du cours, tandis que le professeur pourra consulter des informations sur la progression des élèves et identifier ceux qui rencontrent des difficultés.
Des résultats encourageants, mais à confirmer
Google accompagne cette annonce de plusieurs études destinées à montrer l'intérêt pédagogique de son nouvel outil.
Lors d'une expérimentation menée à l'université de Tokyo auprès de plus de 300 étudiants, deux groupes ont étudié une leçon de statistiques pendant une demi-journée. Le premier disposait de ressources classiques en ligne, tandis que le second pouvait également utiliser Guided Learning.
Selon les résultats publiés par Google, les notes du premier groupe ont progressé de 5,3 points de pourcentage, contre 8,1 points pour les étudiants disposant de l'assistant IA. Le gain d'apprentissage mesuré était donc environ une fois et demie plus élevé.
Une autre expérimentation menée pendant quatre semaines dans trois établissements secondaires britanniques a également donné des résultats encourageants. Les enseignants ont notamment apprécié que l'IA puisse répondre aux premières interrogations des élèves, leur laissant davantage de temps pour accompagner ceux qui avaient réellement besoin d'aide.
Ces résultats restent toutefois à interpréter avec prudence. Les études ont été présentées par Google, et quelques séances de travail ne permettent pas de mesurer les conséquences à long terme de l'usage quotidien de l'IA sur la mémorisation, l'autonomie ou l'esprit critique.
Refuser l'IA pourrait aussi priver les élèves de Google Search
C'est l'autre volet de l'annonce, et probablement le plus controversé.
Google prépare de nouveaux paramètres de contrôle pour les comptes scolaires des élèves du primaire et du secondaire. À terme, l'accès à Gemini, Gemini Notebook, Gemini dans Classroom et Google Search sera désactivé par défaut, jusqu'à ce qu'un administrateur de l'établissement autorise les services concernés.
Présentée comme une manière de redonner le contrôle aux écoles, cette modification cache néanmoins une difficulté importante. Google considère désormais que son moteur de recherche et ses fonctionnalités d'intelligence artificielle sont profondément intégrés.
Les établissements pourront toujours autoriser Google Search sans activer séparément tous les autres services Gemini. En revanche, ils ne pourront pas conserver une version du moteur de recherche totalement débarrassée de ses fonctionnalités d'IA.
Autrement dit, une école qui souhaite interdire toute utilisation de l'intelligence artificielle sur les comptes scolaires devra également renoncer à Google Search. Les élèves concernés verront alors un message indiquant que le service n'est pas disponible.
Cette situation suscite déjà des critiques. Plusieurs associations et responsables américains estiment que Google place les établissements devant un choix difficile : accepter l'IA intégrée au moteur de recherche ou se passer d'un outil largement utilisé pour les recherches scolaires.
Il ne s'agit cependant pas d'une suppression générale de Google Search pour tous les enfants. Ces paramètres concernent les comptes administrés par les établissements, et leur mise en place est prévue au cours des prochains mois. Google doit encore communiquer les détails pratiques de ce déploiement.
Et en France ou en Belgique ?
La disponibilité de Guided Learning dans Google Classroom est annoncée comme mondiale. Les établissements français et belges utilisant cette plateforme sont donc concernés par le déploiement, sous réserve des paramètres et des conditions d'accès de leur organisation.
En revanche, l'intégration de l'apprentissage guidé directement dans Google Search commencera par un programme pilote limité à certains établissements américains durant le mois de novembre. Aucune date de déploiement européen n'est encore annoncée pour cette fonction précise.
Pour les parents, rien ne change automatiquement dans le fonctionnement de l'ordinateur familial ou dans un compte Google personnel. Les décisions évoquées ici concernent principalement les services éducatifs et les comptes scolaires administrés par les établissements.
Google détaille les nouveautés dans son communiqué officiel du 3 novembre. Le constructeur publie également les résultats des expérimentations réalisées auprès des élèves.
Sur le papier, une intelligence artificielle qui apprend à réfléchir plutôt qu'à recopier les réponses semble être une bonne idée. Mais encore faut-il qu'elle laisse aux enseignants la possibilité de décider comment et quand l'utiliser.
Et vous, seriez-vous favorable à un assistant IA dans les devoirs de vos enfants, à condition qu'il les aide à comprendre sans leur donner directement la solution ? Ou préféreriez-vous que l'école reste un endroit où l'on apprend à se débrouiller sans intelligence artificielle ?
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