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Le CNRS abandonne Microsoft Exchange et économise 3,5 millions d'euros par an

CNRSMicrosoft vient de perdre un client de taille. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a officialisé, ce mardi 3 novembre 2026, son adoption de PARTAGE, une messagerie collaborative exploitée par RENATER, le réseau français de l'enseignement et de la recherche. Exit Microsoft Exchange, place à une solution reposant sur le logiciel libre Zimbra. Et derrière ce changement qui pourrait sembler assez banal se cache une opération particulièrement intéressante : environ 3,5 millions d'euros d'économies attendues chaque année !

Le chantier est loin d'être anecdotique. Avec quelque 35 000 agents et près de 50 000 boîtes mail concernées, le CNRS ne s'est pas contenté de changer le logiciel de messagerie de trois bureaux. Il a entrepris une véritable transformation de son infrastructure informatique, avec un objectif qui dépasse largement les considérations financières.

Une messagerie française plutôt que Microsoft Exchange

Jusqu'à présent, le CNRS utilisait une infrastructure de messagerie Microsoft Exchange hébergée par un prestataire extérieur. Désormais, ses courriels sont pris en charge par PARTAGE, une plateforme collaborative proposée en mode SaaS par RENATER, dont le CNRS est d'ailleurs l'un des membres fondateurs.

Derrière PARTAGE se trouve Zimbra, une technologie issue du monde du logiciel libre. Mais il ne s'agit pas simplement de remplacer une boîte de réception par une autre. Le service propose également des agendas partagés, des carnets d'adresses, la gestion des tâches, des documents et différents outils destinés au travail collaboratif.

Renater

Autre particularité importante : les données sont hébergées en France, sur les infrastructures de RENATER. Pour un organisme dont les équipes échangent quotidiennement des informations scientifiques, administratives et parfois sensibles, pouvoir mieux maîtriser leur hébergement constitue un argument de poids.

Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté numérique. En clair, le CNRS souhaite réduire sa dépendance aux grandes entreprises technologiques étrangères, notamment américaines, et conserver davantage de contrôle sur ses outils et ses données.

3,5 millions d'euros économisés chaque année

Si l'indépendance technologique constitue une motivation importante, les économies attendues ont également de quoi attirer l'attention. Selon le communiqué officiel du CNRS, cette migration devrait permettre d'économiser environ 3,5 millions d'euros par an.

Et sur plusieurs années, la différence devient considérable. Dans une précédente communication publiée en juillet, l'organisme évaluait déjà les économies liées à l'abandon de son ancien contrat de messagerie à quelque 20 millions d'euros sur six ans.

La recette ? Miser sur des technologies libres et sur une infrastructure mutualisée plutôt que de multiplier les contrats commerciaux et les prestations d'hébergement. Attention toutefois : logiciel libre ne signifie pas absence de dépenses. RENATER assure toujours l'exploitation, la maintenance et la sécurité du service. Simplement, le coût global devrait être nettement inférieur.

Pour un établissement public, ce sont autant de ressources qui peuvent être consacrées à d'autres besoins. Et à une époque où les budgets informatiques sont particulièrement surveillés, ce genre d'économie ne passe certainement pas inaperçu.

Une transition qui n'a pas été de tout repos

Il ne faudrait cependant pas croire que tout s'est déroulé en appuyant sur un bouton « Migrer » avant d'aller prendre un café. Le CNRS avait déjà quitté Exchange en avril 2026, et cette opération a rencontré plusieurs difficultés.

Dans un bilan publié le 7 juillet 2026, l'organisme reconnaissait une expérience utilisateur dégradée, des problèmes techniques imprévus avec le logiciel Outlook de Microsoft et des difficultés de stabilisation de sa nouvelle plateforme.

Les équipes informatiques des délégations régionales ont été fortement mobilisées pour accompagner les agents et résoudre ces problèmes. Selon la direction des systèmes d'information du CNRS, les difficultés de stabilité étaient désormais surmontées au moment de cette communication.

Voilà qui rappelle une réalité parfois oubliée : remplacer un logiciel utilisé depuis des années ne consiste pas uniquement à installer son concurrent. Il faut également transférer les données, adapter les outils, former les utilisateurs et s'assurer que chacun puisse continuer à travailler normalement.

Et Microsoft n'a pas encore totalement quitté le CNRS

Ce changement de messagerie n'est qu'une étape. Le CNRS a également entrepris de réduire son utilisation de Zoom au profit des outils de visioconférence et de communication proposés par l'administration française, notamment Visio et Tchap.

Dans le domaine de l'intelligence artificielle, l'organisme s'est aussi rapproché de la société française Mistral AI pour proposer à ses personnels un assistant baptisé CNRS-Emmy.

Et le prochain gros morceau est déjà identifié : Microsoft SharePoint. Le CNRS prévoit d'entamer sa sortie de cette plateforme collaborative à la fin de l'année 2029. Un chantier qui concernera quelque 2 000 espaces de travail, ainsi que plusieurs applications internes. À terme, l'organisme espère réaliser environ deux millions d'euros d'économies supplémentaires par an.

Il faudra toutefois trouver des alternatives capables de remplacer les nombreuses fonctions de SharePoint, ce qui est loin d'être gagné. Plusieurs solutions françaises et libres sont actuellement étudiées.

La démarche du CNRS montre en tout cas qu'il est possible, même à très grande échelle, de réduire sa dépendance aux géants américains du numérique. Reste à trouver le bon équilibre entre souveraineté, économies et confort des utilisateurs. Car sur le papier, tout fonctionne toujours à merveille. Devant son écran, un lundi matin à 8 heures, c'est parfois une autre histoire !

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