Imaginez recevoir un SMS qui ne s'affiche jamais à l'écran, ne déclenche aucune notification et parvient pourtant à faire planter votre téléphone. Pire encore, si vous êtes en pleine conversation, l'appel peut être immédiatement interrompu, même lorsqu'il s'agit d'un numéro d'urgence ! Voilà le scénario inquiétant révélé par un chercheur en sécurité informatique, qui vient de rendre publique une vulnérabilité d'Android surnommée « SMS of Death », autrement dit le SMS de la mort.
Dévoilée le 29 octobre 2026, cette faille, référencée CVE-2026-58882 dans les publications spécialisées, touche un composant chargé de traiter certains messages reçus par les smartphones. Le chercheur Mark Blaszczyk a réussi à reproduire le problème sur plusieurs appareils Google Pixel et Samsung Galaxy, sans que leurs propriétaires aient besoin d'ouvrir un message ou de cliquer sur un lien.
Un message invisible qui perturbe les appels
Contrairement à un SMS classique, l'attaque utilise un message technique de type WAP Push. Ces messages servent notamment à transmettre certaines informations de configuration ou à gérer des fonctions liées aux communications mobiles.
Le problème se situe dans la manière dont Android interprète une information contenue dans ce message. Une valeur incorrecte peut provoquer une erreur de gestion de la mémoire, entraînant l'arrêt brutal du processus chargé des fonctions téléphoniques.
Conséquence : le smartphone perd temporairement sa connexion au réseau mobile et les appels en cours sont interrompus. Les communications vers les services d'urgence peuvent également être affectées. Et comme le message est traité avant d'arriver dans l'application SMS, aucune notification ne permet d'identifier facilement l'origine du problème.
Mais ce n'est pas tout. Dans certains cas, l'opérateur mobile peut tenter de transmettre à nouveau le message lorsque sa réception n'a pas été correctement confirmée. Le téléphone risque alors de planter plusieurs fois de suite.
Lors de ses essais, le chercheur affirme qu'une vingtaine de messages malveillants pouvaient provoquer des redémarrages répétés et rendre certains appareils pratiquement inutilisables. Sur un téléphone Android 12, il a notamment observé des redémarrages vers le mode de récupération à intervalles réguliers.
Google avait déjà préparé un correctif
L'histoire devient un peu plus surprenante lorsqu'on examine son calendrier. Mark Blaszczyk avait signalé la vulnérabilité à Google dès le 5 mai 2026. Un correctif a ensuite été développé en juin et intégré au code d'Android au mois d'août.
Cette modification permet au système de gérer correctement le message défectueux, puis de le supprimer au lieu de provoquer une succession de plantages.
Selon l'analyse publiée par le chercheur, la correction a été distribuée avec les mises à jour d'octobre pour Android 14 à 17. Le problème est toutefois plus délicat pour les appareils fonctionnant encore sous Android 12 ou 13, qui ne bénéficient pas nécessairement des dernières mises à jour.
Une incertitude demeure néanmoins : cette vulnérabilité ne figure pas explicitement dans le bulletin de sécurité Android d'octobre, et sa diffusion effective dépend des fabricants et des opérateurs. Il n'est donc pas possible d'affirmer que tous les smartphones affichant une mise à jour d'octobre sont automatiquement protégés.
Comment vérifier si votre smartphone est à jour ?
La première précaution consiste à vérifier que votre téléphone utilise bien la dernière version du système proposée par son fabricant.
Pour cela, ouvrez les paramètres d'Android, puis recherchez la rubrique « À propos du téléphone » ou « Informations sur le logiciel ». Vous y trouverez notamment la version d'Android et la date du dernier correctif de sécurité installé.
Vous pouvez ensuite consulter les mises à jour disponibles depuis les paramètres système. Le chemin exact dépend de la marque de votre appareil. Google explique également la procédure dans son guide officiel de mise à jour d'Android.
Si votre smartphone fonctionne encore sous Android 12 ou 13 et ne reçoit plus aucun correctif de sécurité, cette affaire constitue une raison supplémentaire de réfléchir à son remplacement.
Attention cependant : cette vulnérabilité ne permet pas, à elle seule, de voler vos photos, de lire vos conversations ou de prendre le contrôle de votre téléphone. Il s'agit d'une attaque visant à perturber son fonctionnement. À ce stade, aucune campagne d'exploitation malveillante à grande échelle n'a été publiquement confirmée.
La situation reste néanmoins préoccupante, particulièrement lorsqu'une simple communication téléphonique peut être interrompue. Et dire qu'habituellement, le plus agaçant avec les SMS reste encore de recevoir une publicité pour des panneaux solaires à sept heures du matin !
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