Vous avez l'habitude de commander des câbles USB, des coques de smartphone ou de petits gadgets sur Temu, AliExpress ou Shein ? Ces achats pourraient bientôt revenir un peu plus cher ! À partir du dimanche 1er novembre 2026, l'Union européenne appliquera de nouveaux frais de traitement de 2 € sur les marchandises importées dans le cadre de ventes à distance. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette somme ne remplace pas les droits de douane déjà instaurés cet été.
La mesure est désormais officielle. Le règlement délégué européen 2026/2152, publié au Journal officiel le 22 octobre, fixe ces nouveaux frais à 2 € par article douanier. Il entrera en application dans les 27 États membres, dont la France et la Belgique, dès le 1er novembre.
Jusqu'à 5 € de prélèvements par catégorie de produit
Depuis le 1er juillet 2026, les petits envois importés de pays extérieurs à l'Union européenne, d'une valeur maximale de 150 €, sont déjà soumis à un droit de douane forfaitaire de 3 €. Les nouveaux frais de traitement de 2 € viennent s'y ajouter, ce qui porte le total à 5 € par catégorie de marchandises concernée.
Attention, il ne s'agit pas forcément de 5 € pour chaque objet présent dans un colis. Le calcul repose sur les catégories utilisées dans les déclarations douanières. Trois câbles identiques peuvent ainsi être regroupés sur une même ligne et entraîner 5 € de prélèvements au total. En revanche, un colis contenant un câble USB, une coque de téléphone et une montre connectée pourrait représenter trois catégories différentes, soit 15 € de prélèvements cumulés.
Autre précision importante : contrairement au droit forfaitaire de 3 €, réservé aux envois de 150 € maximum, les nouveaux frais de traitement de 2 € concernent également les ventes à distance importées d'une valeur supérieure à ce seuil. Dans ce cas, ils s'ajoutent aux droits de douane ordinaires éventuellement applicables.
Les acheteurs devront-ils payer directement ?
Pas nécessairement. La nouvelle réglementation fait peser la responsabilité de ces prélèvements sur les opérateurs chargés de l'importation, notamment les vendeurs et les plateformes de commerce électronique, et non directement sur les particuliers européens.
Rien n'empêche toutefois une plateforme de répercuter une partie de ces frais dans ses prix, ses frais de livraison ou le montant final de ses commandes. À ce stade, il n'est donc pas possible d'affirmer que chaque achat sur Temu, Shein ou AliExpress augmentera automatiquement de 2 ou 5 €.
Il faut également distinguer les marchandises expédiées directement depuis un pays extérieur à l'Union européenne de celles déjà importées, dédouanées et stockées dans un entrepôt européen. Ces dernières ne sont pas soumises une seconde fois aux mêmes prélèvements simplement parce qu'elles sont ensuite livrées à un consommateur français ou belge.
Pourquoi l'Europe ajoute-t-elle ces frais ?
Avec la multiplication des commandes en ligne, les douanes européennes doivent traiter des quantités gigantesques de petits colis. Selon les chiffres de la Commission européenne, près de 5,9 milliards d'articles de faible valeur ont été importés dans l'Union en 2025, soit environ quatre fois plus qu'en 2022.
Les nouveaux frais doivent contribuer à financer les contrôles douaniers, notamment la vérification des déclarations, l'analyse des risques et la recherche de produits dangereux ou non conformes aux normes européennes.
L'Europe souhaite également réduire les avantages dont bénéficiaient certains vendeurs étrangers grâce à l'ancienne exonération douanière sur les envois inférieurs à 150 €. Le droit forfaitaire de 3 € doit rester en place jusqu'en juillet 2028, date à laquelle un nouveau système douanier européen devrait permettre d'appliquer les tarifs habituels.
Pour les consommateurs, le conseil reste simple : avant de valider une commande internationale, mieux vaut vérifier son montant final, l'origine réelle de l'expédition et les éventuels frais supplémentaires. Un petit accessoire vendu quelques euros pourrait perdre une bonne partie de son intérêt si le vendeur décide de répercuter ces nouveaux coûts.
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