Et si l'intelligence artificielle pouvait aider les scientifiques à mieux comprendre les mystères de l'Univers ? C'est en tout cas l'ambition du CERN, le célèbre laboratoire européen de physique des particules, qui vient d'annoncer un partenariat avec Mistral AI, l'entreprise française spécialisée dans l'intelligence artificielle.
Les deux partenaires souhaitent développer un modèle d'IA capable d'analyser les gigantesques quantités de données produites par le Grand collisionneur de hadrons (LHC), situé à la frontière franco-suisse. Une collaboration qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche scientifique européenne.
Une IA entraînée sur des milliards de collisions
Le projet prévoit la création d'un « Large Physics Model », autrement dit un grand modèle d'intelligence artificielle consacré à la physique. Contrairement aux chatbots habituels, entraînés principalement sur des textes, celui-ci apprendra à partir de milliards de collisions de protons simulées.
Son objectif sera notamment de reconstituer les collisions, d'identifier les particules produites et de repérer d'éventuels signaux inhabituels qui pourraient intéresser les chercheurs. Il pourrait également aider à concevoir les détecteurs utilisés lors de futures expériences.
Aujourd'hui, ces analyses reposent sur toute une série d'algorithmes spécialisés. L'idée est de réunir plusieurs de leurs fonctions au sein d'un même modèle, afin de faciliter le traitement des données scientifiques.
Un million de téraoctets de données à exploiter !
Et le CERN ne manque pas de matière première ! Le laboratoire possède déjà près d'un exaoctet de données issues des expériences du LHC, soit environ un million de téraoctets. Avec l'arrivée du LHC à haute luminosité, prévue aux alentours de 2030, le nombre de collisions devrait encore être multiplié par dix.
Cette collaboration associera donc l'expertise du CERN dans la physique et le calcul scientifique aux compétences de Mistral AI dans l'entraînement de grands modèles d'intelligence artificielle.
Pour l'instant, il s'agit toutefois d'une déclaration d'intention : aucun calendrier précis ni budget n'a été communiqué pour la mise au point du modèle. Il ne faut donc pas s'attendre à des découvertes révolutionnaires dès demain !
Mais ce partenariat illustre une autre utilisation de l'IA, bien loin de la génération d'images et des assistants conversationnels. Et cette fois, c'est en Europe que pourrait se développer un nouvel outil au service de la recherche fondamentale.
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