Google vient de franchir une nouvelle étape dans la course à l'intelligence artificielle. Ce mardi 13 octobre 2026, le géant américain ouvre plus largement l'accès à Gemini 4 Argon, son nouveau modèle d'IA conçu pour résoudre des problèmes complexes, programmer et effectuer des tâches nécessitant plusieurs étapes de réflexion. Déjà présenté fin septembre à un groupe restreint de spécialistes en cybersécurité, il devient désormais accessible aux abonnés Google AI Pro et Ultra, ainsi qu'aux développeurs et aux entreprises.
Une IA capable de travailler sur des projets entiers
Avec Gemini 4 Argon, Google ne cherche pas seulement à améliorer les réponses d'un assistant conversationnel. Le modèle est conçu pour enchaîner plusieurs opérations, analyser de grandes quantités d'informations et mener des tâches techniques jusqu'à leur terme. Il peut notamment examiner un projet informatique, identifier des problèmes dans le code, proposer des modifications et utiliser différents outils pour les appliquer.
Parmi ses caractéristiques les plus impressionnantes figure une fenêtre de contexte pouvant atteindre 1 048 576 tokens via son API. Un token représente approximativement un fragment de mot ou de texte. Cette capacité permet au modèle de travailler avec d'importants volumes de documents ou de code sans devoir les découper systématiquement en petites portions. Google prévoit également un mode spécial permettant de produire des réponses particulièrement longues, au-delà des limites habituelles de génération.
Gemini 4 Argon accepte en entrée du texte, des images, des vidéos, des fichiers audio et des PDF, mais génère du texte en sortie. Il peut aussi exécuter du code, effectuer des recherches sur le Web et interagir avec certains outils informatiques. Il ne s'agit donc pas simplement d'un chatbot plus bavard, mais d'un modèle destiné à accomplir des tâches plus élaborées.
Programmation, cybersécurité et recherche scientifique
Google met particulièrement en avant les capacités de son modèle en programmation. L'entreprise explique l'avoir utilisé pour réorganiser certaines parties du code de Chromium, le projet open source sur lequel repose notamment Chrome. Gemini 4 Argon aurait également contribué à optimiser des logiciels internes et des outils de développement. Selon les mesures communiquées par Google, son utilisation dans l'environnement Antigravity a permis à certaines équipes d'augmenter de plus de 35 % leurs contributions de code produites avec l'aide d'agents IA, tout en réduisant les retours en arrière.
La cybersécurité constitue un autre domaine important. Le modèle a notamment été testé pour rechercher des vulnérabilités et assister les spécialistes chargés de les corriger. Google annonce également des applications dans les sciences, les mathématiques, la finance et le domaine juridique. Ces résultats proviennent toutefois principalement des essais et évaluations présentés par le constructeur : ils ne garantissent pas que l'IA réussira systématiquement ce type de tâche.
Disponible dès maintenant, mais pas pour tout le monde
Gemini 4 Argon commence à être déployé mondialement dans l'application Gemini et dans le mode IA de Google Search pour les abonnés Google AI Pro et Ultra. Les développeurs peuvent également utiliser le modèle au moyen de l'API Gemini, tandis que les abonnés Ultra disposent d'un accès dans Google Antigravity, l'environnement de développement assisté par IA de l'entreprise.
Pour les développeurs, Google applique un tarif de lancement de 2 dollars par million de tokens envoyés au modèle et de 10 dollars par million de tokens générés. Attention cependant : ces prix concernent l'API et non l'abonnement grand public. Ils sont temporaires et doivent doubler après le 30 novembre 2026, pour atteindre respectivement 4 et 20 dollars. Le déploiement dans les applications peut également être progressif selon les comptes et les services.
Google relance la bataille des intelligences artificielles
Face à OpenAI, Anthropic et Meta, Google entend démontrer que Gemini reste un concurrent sérieux sur les tâches complexes. L'entreprise revendique d'excellents résultats dans plusieurs évaluations, notamment en programmation et dans les activités professionnelles. Mais ces classements ne racontent pas toute l'histoire : une IA performante dans un test peut se montrer moins convaincante dans un autre contexte, et ses réponses doivent toujours être vérifiées lorsqu'elles touchent à des sujets importants.
Pour le grand public, le changement le plus intéressant pourrait finalement être moins spectaculaire qu'il n'y paraît : des assistants capables de réaliser davantage d'étapes d'un même projet, plutôt que de fournir uniquement des réponses ou des explications. Reste à voir si Gemini 4 Argon tiendra ses promesses dans une utilisation quotidienne. Une chose est certaine : la compétition entre les géants de l'IA est loin d'être terminée.
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